Lettre des amis n°10

En mai, ALPA aura 5 ans.

Pas à pas, l’association avance. Le soutien qu’elle apporte aux habitants d’Amoli dépasse largement le simple apport financier. Nous y reviendrons.

Mais d’abord quelques nouvelles du pays.

La situation est très difficile, économiquement et politiquement. Les chrétiens subissent de plus en plus des violences du fait de leur appartenance religieuse. Les enlèvements se multiplient (en 2019, dans le seul état d’Enugu – où se trouve Amoli – 9 prêtres ont été enlevés et 2 autres tués). Les laïcs ne sont pas épargnés. Dans le nord et le nord-est, les chrétiens doivent faire face aux tueries perpétrées par les djihadistes. Les régions du centre sont marquées par des affrontements entre les éleveurs peuls majoritairement musulmans et les agriculteurs chrétiens. Cela entraine de nombreux déplacements de population vers le sud. En forme de résistance non violente, les évêques du pays ont ainsi demandé aux fidèles de porter le deuil le jour du mercredi des cendres. Les chrétiens, dont beaucoup de jeunes, étaient nombreux dans les églises pour prier pour la paix, tout de noir vêtus. 

Au village, l’action de l’association suit son cours, lentement mais sûrement. Le plus important est peutêtre la dynamique créée. Par exemple, des parents dont les enfants ne sont pas parrainés ont demandé à participer aux réunions de ALPA. « Ça me motive », dit une maman. Les familles parrainées savent qu’aujourd’hui est assuré. Elles commencent à penser qu’il faut préparer demain. Grâce au compte ouvert à la banque de micro-crédit du diocèse, elles essaient de faire des économies. C‘est cependant très difficile dans un tel contexte économique. 

À ce jour 62 enfants sont parrainés

Certains des premiers filleuls entrent au collège. Quelle victoire ! 

L’action de ALPA est particulièrement importante dans l’une des 4 écoles d’Amoli : l’école du bas. Faisons le point :

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Un peu d’histoire : Les villageois ont bâti une école en haut du terrain : un immense espace, sans cloisons ni fenêtre. C’est maintenant l’école maternelle. 

L’État a ensuite construit un bâtiment (1), en contrebas : c’est maintenant l’école primaire. Les sols sont en terre battue, il manque des portes et des fenêtres, il n’y a pas de toilettes. Rien n’a été prévu pour canaliser l’eau de pluie (or la saison des pluies dure 4 mois). 

Peu à peu, l’érosion a donc entrainé la terre vers le bas, jusqu’à obstruer en grande partie les portes du bâtiment. L’eau entre dans les classes. 

Les parents ont donc décidé de construire un nouveau bâtiment (2), plus haut. Les travaux ont débuté, chacun donnant ce qu’il pouvait (grâce aux économies réalisées sur la vente des ananas). Il y a 10 ans environ, d’immenses parcelles de terre ont été retirées aux paysans locaux pour être confiées à des entreprises chinoises. Dès lors, le village a sombré dans la misère et les travaux de l’école ont été arrêtés

Que faire ?

  • Bâtiment 1 (Primaire actuel) :

1. Creuser devant le bâtiment pour retrouver le niveau initial. Fait.

2. Construire un mur de protection. Fait.

3. Daller l’espace reconquis. 

Le bâtiment 1 sera alors sauvé. On continuera à l’utiliser pendant l’aménagement du bâtiment 

  • Bâtiment 2 (en construction) :

1. Commander portes et fenêtres. Fait

2. Les poser.

3. Couler une dalle en béton sur le sol des salles de classe. Aujourd’hui, 1 classe est faite.

4. Réparer la toiture (quelques trous) et la charpente (attaquée par les insectes)

5. Acheter des tables et des bancs

6. Fournir du matériel pédagogique aux enseignants.

  • Toilettes : Des toilettes sèches ont été construites entre les 2 bâtiments. C’est une première dans le village où peu de foyers disposent de toilettes. Un exemple qui sera suivi, nous l’espérons.

ALPA aide l’école à rémunérer des assistants. Les instituteurs sont payés par l’État mais les partants ne sont pas remplacés. Ils ne sont donc plus assez nombreux. Les parents se cotisent pour rémunérer des assistants, mais peinent à assurer ces salaires. ALPA les soutient en donnant chaque mois le salaire de 2 assistants (35 x2 = 70€).

Tout cela est rendu possible par votre fidélité. Le premier cadeau que vous faites aux habitants d’Amoli, c’est de penser à eux, d’essayer de les connaitre, de connaitre leur pays et leurs conditions de vie. C’est inappréciable. 

Là-bas, dans ce village perdu et oublié, on sait qu’en France des gens se soucient de nous. Ce soutien est formidable ! 

Là-bas, des enfants posent des questions sur la France, essaient de dire quelques mots de français. 

Par-delà les distances, cette connaissance mutuelle est un trésor. 

Merci ! Merci en particulier à la paroisse de la Trinité-en-Bray qui a vendu des lumignons pour le 8 décembre et aux paroisses de Crépy et du Multien qui ont choisi ALPA pour leur campagne de carême 2020.

Vous êtes les ambassadeurs de ALPA, merci de l’aider à grandir.

Je vous bénis,

Père Denis Okeke

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